Retrouvailles en silence

Il est là.

Je le vois en entrant dans la grande salle de la bibliothèque. Ce n’est pas le hasard. C’est lui, c’est bien lui. Je reconnais sa nuque, sa manière de se tenir, son calme, sa lenteur. Il ne me regarde pas tout de suite, mais je sais qu’il va me voir.

Depuis ce concert à Nantes, je n’ai cessé d’y penser. Nos regards entre les corps en fête, sa main effleurant la mienne dans la foule, le rythme de la musique mêlé à notre souffle. Et puis plus rien. Plus de mots. Juste l’idée de lui. L’idée de ce qu’on aurait pu faire, si on s’était retrouvés ailleurs. Et maintenant, ici. Dans ce lieu si calme. Cette bibliothèque, odeur de livre et de poussière, rayons serrés, chuchotements rares, solitude choisie et studieuse. Il relève enfin la tête. Nos yeux se croisent. Rien ne vacille. Rien n’a bougé.

Je m’assois à une table, quelques mètres plus loin. Il me suit du regard, sans cacher son sourire. J’ouvre un livre au hasard, sans le lire. Je sens son regard sur moi. Je le sens me déshabiller lentement avec les yeux. Je ne bouge pas. Je laisse monter l’envie. Elle rampe le long de mes cuisses.

Il se lève. S’avance. Passe derrière moi sans un mot. Une main frôle ma hanche. Il disparaît dans les rayons. Je compte jusqu’à dix. Puis je me lève, moi aussi. Je le cherche. Le retrouve, dans une section vide.

Il m’attend.

Je m’approche. Il m’attrape par la taille. Ce sont ses yeux qui me parlent. Cette fois, il n’y a plus de foule, plus de musique. Juste nous, entre deux rangées, et nos corps qui se souviennent.

Sa bouche vient sur la mienne. Doucement d’abord. Puis il me pousse contre l’étagère. Ma jupe remonte sous ses mains. Mes cuisses s’ouvrent sans réfléchir. Il s’agenouille, là, sans crainte. Sa langue glisse contre ma peau, trouve ma mouille. Il gémit en silence. Je m’accroche aux étagères, les jambes tremblantes, ma bouche mordue pour ne pas crier. Il lèche lentement, profondément, longuement. Il me déguste comme une phrase trop belle, qu’on relit plusieurs fois.

Je viens contre sa langue, mes doigts serrés dans ses cheveux, mon ventre contracté. Je jouis. Fort. Sans retenue. Il me tient, m’embrasse en remontant. Puis je prends sa ceinture, la défais lentement, à genoux devant lui maintenant. J’ai envie de le goûter moi aussi. Sa queue sort chaude, tendue, déjà prête. Je la prends en bouche, profonde, entière. Je le suce sans ménagement, ma salive coulant sur mes lèvres. Il m’attrape la nuque, gémit à peine. Je l’avale jusqu’à l’étouffement, jusqu’à ce qu’il me retire juste avant de jouir. Mais ce n’est pas fini.

Je me retourne. Penchée contre l’étagère. Mes fesses offertes. Il me pénètre d’un coup sec. Je me cambre, le prends jusqu’au fond. Il me baise lentement d’abord, puis plus fort. Le bruit de nos corps contre le bois, contre le silence. Mes seins ballottent sous ma chemise, mes gémissements étouffés dans mes bras.

Il accélère. Je le sens profond, brûlant. Mes cuisses s’ouvrent davantage. Je suis trempée, offerte. Il aime ça. Il me dit que je suis brulante. Je viens encore. Il me suit. Ses mains enfoncées dans mes hanches, ses râles étouffés dans mon dos. Il jouit en moi, sans attendre, en me tenant fort. Très fort.

Et puis… le silence revient. Nos souffles ralentissent.

On se rhabille. Je passe une main dans mes cheveux. Il referme son pantalon. On se regarde. 

On retourne chacun à notre table. Deux lecteurs silencieux. Deux corps encore liés par l’intérieur.

Et sur ma langue, le goût de lui.

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