Le rythme, la foule, et toi



L'été vient juste de commencer, le mois de juin va s'en aller. Il est tard mais le ciel s’étire encore en bleu pâle au-dessus des arbres, et la musique inonde les lieux depuis quelques heures déjà. Un festival non loin de Nantes. Des groupes qui se succèdent, des artistes et des styles qui se mélangent, des lumières qui découpent les visages, des corps, souvent en sueur. La fête bat son plein. Le sol tremble, les regards glissent, les bouches rient et crient trop fort. Et lui, au milieu, ne voit qu’elle.

Elle danse, pas trop loin, seule ou parfois avec ses amies. Entourée mais ailleurs. Sa robe noire, fluide, colle à sa peau par endroits. Son cou est nu. Sa nuque dégage quelque chose d’obsédant. Elle se retourne parfois, cherche quelque chose, ou quelqu’un. Elle croise ses yeux. Ne détourne pas.

Plus tard, entre deux scènes, elle disparaît. Puis il la retrouve, près des food trucks, éclairée par une lumière tremblante. Elle est là. Elle l’a vu aussi. Elle approche. Ses doigts frôlent les siens dans la foule, un geste presque accidentel. Mais elle ne s’arrête pas. Elle marche, l’entraîne, sort du flot de la foule.

Ils traversent une clôture entrouverte, suivent un chemin à peine éclairé. Des feuillages bas, coin de champ, sec. Ils s’arrêtent là, seuls, hors du monde, le bruit de la musique au loin.

Elle se retourne, l’attrape par le t-shirt, le tire à elle, l’embrasse d’un coup. Faim. Il répond sans réfléchir. Sa bouche est chaude, ouverte, il gémit déjà contre ses lèvres. Il glisse une main sous sa robe, découvre sa culotte, la repousse à mi-cuisses. Elle écarte les jambes.

Il s’agenouille devant elle. Elle bascule la tête en arrière, les mains dans ses cheveux. Il la lèche avec lenteur d’abord, comme s’il goûtait chaque frisson, puis plus vite, plus fort, jusqu’à ce qu’elle sert ses cuisses contre son cou. Elle gémit, monte, vibre. Il enfonce sa langue profondément, joue avec son clitoris, sent son plaisir couler contre ses lèvres. Elle vient violemment, les jambes agrippées à son dos.

Mais elle ne lui laisse pas le temps de se relever. Elle s’agenouille à son tour, ouvre son jean, sort sa queue gonflée. Elle la suce comme une réponse à son plaisir. Son regard levé vers lui, fiévreux. Elle enfonce, joue avec sa gorge, fait claquer sa langue sur son gland. Il tremble, la retient par les cheveux. Elle adore ça. Mais elle veut plus. Il sort une capote, l'enfile rapidement.

Elle se relève, remonte sa robe, l'allonge sur l'herbe. Monte à califourchon, s’empale d’un coup. Il la sent glisser sur lui, chaude, trempée. Les sueurs se mélangent. Elle bouge, lentement, puis de plus en plus vite, ses seins contre son teeshirt, ses hanches qui cognent. Il la tient par la taille. Elle gémit à nouveau, sa bouche contre son oreille.

Ses ongles s’enfoncent dans son dos. Son corps entier se colle au sien. Il la sent se crisper, se tendre. Elle jouit contre lui, secouée. Il la rejoint d’un coup, profond, entier, son souffle coupé. Il vient en elle sans réfléchir, sans se retenir. Elle ne bouge plus, le garde en elle, encore, longtemps.

Ils restent collés. Sa tête dans son cou. Le silence autour d’eux. Juste le bruit du festival, lointain, comme un souvenir.

Ils se rhabillent lentement. se sourient

Puis repartent, ensemble, vers le tumulte

Deux inconnus qui dansent.

Mais leurs corps, eux, se reconnaîtront entre mille.

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