Une inconnue

- Je t’ai déjà vue. Je te connais

Elle s’arrête sur la marche au-dessus de moi, tourne la tête à peine, un sourire au bord des lèvres. Derrière elle, la cage d’escalier en pierre monte en colimaçon, les murs usés par le temps et les pas d’inconnus avant nous.

- Dans la capitale, dis-je. Un matin de pluie.

Elle ne répond pas, mais son regard dit qu’elle sait. Je m’avance d’un pas, elle d’un autre. Entre nous, l’écho de nos souffles dans l’espace désert. Elle est là, juste au-dessus, un soupçon de peau nue sous son manteau entrouvert.

- Tu m’as suivi.

- Tu voulais que je le fasse.

Elle rit doucement, un rire court, presque un soupir. Ses doigts effleurent la rampe, puis elle se retourne, continue à monter. Une porte, une clé, une serrure qui cède. Je la pousse à l’intérieur dès qu’elle referme derrière nous.

Nos bouches se trouvent. Son manteau glisse sur le parquet. Elle s’adosse au mur, relève une jambe sur ma hanche. Ma main s’infiltre sous ses bas, remonte, découvre sa chaleur. 

- À genoux, murmure-t-elle.

Je m’abaisse, ma bouche explore, savoure. Son dos cogne contre le mur, son souffle devient erratique. Mes doigts s’ancrent à ses cuisses, sa main serre mes cheveux. Son corps tremble, se tend, explose contre ma langue.

Je me redresse, essuie ma bouche du revers de la main. Elle me fixe, haletante, puis un sourire. Lentement, elle s’agenouille à son tour. Déboutonne mon pantalon, me libère.

- T’es déjà dur.

Elle m’avale d’un coup. Sa langue, ses lèvres, la chaleur de sa bouche. Elle prend son temps, me tient au bord. Quand je finis par jouir, elle ne recule pas, avale tout, me regarde sans ciller.

Elle se relève, remet son manteau, ouvre la porte.

- À bientôt, souffle-t-elle.

Et elle disparaît dans l’escalier.

Une inconnue. Toujours.

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